Par amouroux | octobre  2008

 

Le rapport LMD sur la reconnaissance universitaire des professions paramédicales, rédigé par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche, laisse penser que le niveau de diplôme des étudiants en soins infirmiers est faible (d’ailleurs il parle d’élèves, et non d’étudiants).

Page 47 du rapport LMD, paragraphe 185, il est ainsi indiqué : “Du point de vue social, cette fois, il paraît indispensable de tenir compte de la réalité sociologique et du niveau de recrutement actuel des infirmières : la moitié environ des élèves ont un bac professionnel ou sont des aides-soignantes admises au titre de la formation professionnelle”.

Il convient avant tout de signaler qu’un bac professionnel permet tout autant qu’un bac scientifique ou littéraire de rentrer à l’université, dont le principe est justement la non sélection.

Comme il est dans les missions de l’Ordre des Infirmiers de défendre l’honneur de la profession, il nous parait souhaitable de montrer que ces propos sont infondés, et que nous étions en droit d’attendre un travail plus crédible de ces deux Inspections Générales.

En effet, toutes les études objectives, réalisées par les services du Ministère de la Santé, prouvent le contraire :

1) Selon une étude réalisée par la DRASS de la région PACA sur 4.820 étudiants en 2005, les étudiants en IFSI sont de plus en plus diplômés.

De plus en plus d’étudiants ayant un diplôme supérieur au baccalauréat intègrent les IFSI, notamment ceux ayant un BTS ou un diplôme de deuxième ou troisième cycle universitaire.

En 2005, près de 27 % des étudiants en soins infirmiers ont déclaré avoir un diplôme supérieur au baccalauréat alors qu’ils étaient deux fois moins en 2000.

La série S (scientifique) est le baccalauréat le plus répandu parmi les bacheliers nouvellement inscrits en IFSI (plus d’un étudiant sur quatre). Viennent ensuite les séries :
- SMS (sciences médico-sociales) : 22,5 %,
- ES (économique et social) : 20,3 %,
- L (littéraire) : 14 %,
- et STT (sciences technologiques tertiaires) : 9,8 %.

Source : DRASS PACA, enquête 1997 à 2005 auprès des établissements de formation aux professions de santé

2) On retrouve les mêmes orientations dans l’enquête de la DRASS Pays de Loire en 2004, selon laquelle près de 80% des 1200 étudiants nouvellement inscrits en première année ont déclaré avoir comme plus haut diplôme le baccalauréat.

Parmi les bacheliers nouveaux inscrits en première année en IFSI en 2004 :
- 33 % ont un bac S (Scientifique),
- 29 % ont un bac SMS (Sciences Médico-Sociales)
- 20 % ont un bac ES (Economique et Social)

3) Une étude nationale, réalisée par la DREES (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) en 2006 précise également que
- 80 % des étudiants en IFSI ont le baccalauréat,
- très peu d’étudiants (3,2 %) ont un niveau d’études inférieur,
- 16,5 % ont un niveau supérieur au baccalauréat (principalement DEUG, licence ou BTS)

Les bacheliers nouveaux entrants en 1ère année d’IFSI se recrutent principalement dans les séries
- Sciences médico-sociales - SMS - (30,8 %)
- Scientifique - S - (26 %)
- Économique et Social - ES - (18,0%)
- Littéraire - L - (9,7 %)
- Sciences technologiques tertiaires - STT - (9,2 %).

Cette étude de la DREES (qui est une direction du Ministère de la santé) montre aussi que les étudiants en promotion professionnelle :
- représentent 13,9 % des inscrits en première année
- et que si 18,9 % eux ont un niveau inférieur au bac, ils sont 40,7 % à avoir un niveau supérieur au bac !

En effet, pour gagner rapidement leur vie, et en raison justement des possibilités de promotion professionnelle, des bacheliers entre dans la fonction publique hospitalière par un poste d’aide-soignant, et planifient ensuite leurs carrières sur les concours internes.

Nous sommes donc loin de l’affirmation “la moitié environ des élèves ont un bac professionnel ou sont des aides-soignantes” destinée à nous faire accepter la licence professionnelle !